Madinina – 1ère partie

Qui aurait cru qu’une vie de Marins laissait si peu de temps pour l’écriture…
Notre étape martiniquaise a été intense en rencontres et visites, si chargée que nous nous sommes fait prendre au piège du temps qui passe et on se réveille un matin en se disant que là, non, il est vraiment temps de se bouger et d’alimenter le site. Ça, c’est le côté littéraire de l’affaire ! Pour le côté technique, c’est une galère de tous les jours que de chercher une connexion internet pour mettre les photos en lignes sur le site. Pour ce simple article, il nous aura fallu environ une dizaine de spots ou bar wifi, et une bonne journée de perdue pour arpenter les rues et villages à la recherche de connexions correctes.
Plutôt que de vous raconter toutes nos aventures dans le détail chronologique, nous allons vous laisser profiter des photos et des légendes et vous laisser imaginer les détails de notre séjour d’un peu plus d’un mois en Martinique. Cette île est magnifique et nous avons pu en découvrir de nombreuses facettes. Nous avons également croisé une multitude de bateaux copains : les habituels (Mariposa, Anao, Névé, Hobo) et les nouveaux (Lucy, Cezym, Kallisté, L’Oralix, Pti Ket, Pile Poil, Sev’on Seas). Nous avons eu le privilège d’accueillir Marylou et les Daniels sur la ligne d’arrivée de la Transquadra lors d’un final d’anthologie (moins de 9 minutes entre le 3 premiers après 14 jours de mer…), quelques heures après avoir trinqué avec Edouard, un ami Rochelais. Nous avons également eu le plaisir d’avoir à notre bord Adeline et Cédric, puis Florence et Marco pour partager un bout de cette aventure. Ajoutez à cela les tâches habituelles du bord et vous comprendrez notre retard (Cned, bricolage, nettoyage, cuisine, lessive, courses…).

Détaillons une journée type sur Méléos :

Réveil autour de 7h, parfois plus tôt, parfois plus tard, tout dépend en fait de la qualité de la nuit passée en fonction de plusieurs critères : vent, tenue du mouillage, bateaux voisins, houle, bruits environnants … Explication : si le vent souffle en rafales, le bateau tire sur le mouillage puis reprends sa position, nous sentons ces mouvements lors de notre sommeil, cela nous réveille parfois et il n’est pas inhabituel que nous sortions 2 à 3 fois par nuit pour vérifier notre position. Nous en profitons en général pour surveiller les positions des autres voiliers et leur évitement (quand le vent tourbillonne, les bateaux n’ont pas tous la même direction et ils peuvent se retrouver très proches les uns des autres voir se toucher (c’est arrivé à deux de nos voisins à St Pierre). La houle peut également rendre le mouillage rouleur voir très rouleur, cela nous est arrivé pendant deux jours à Grande Anse d’Arlet avec une houle de Sud Ouest qui nous a obligé à mettre une ancre à l’arrière du bateau pour orienter Méléos dans le sens de la houle pour que ça soit plus supportable (et pourtant on en supporte beaucoup, mais le bateau qui fait l’essuie-glaces, ça va bien deux secondes…). La température locale nous oblige à dormir bateau grand ouvert ce qui nous expose aux bruits environnants, de la musique tonitruante, du scooter pétaradant, au souffleur de feuilles à 4h du matin en passant par les félés qui font du burning avec leurs pneus pour épater les donzelles (ne rigolez pas, c’est un sport local ici!). Je vous fait grâce du carnaval jusqu’à pas d’heure, nous l’avons un peu cherché en nous mettant quelques nuits au mouillage devant Fort de France. Enfin, j’oubliais les grains, il pleut, il ne pleut plus, on étouffe si les hublots sont fermés et on est mouillé s’ils restent ouverts, résultat, au moindre grain, on va fermer et 1 heure après, on va rouvrir. Un seul remède pour tout ça… Non vous devinerez tout seuls !

Le petit déjeuner familial est un moment sacré de la journée, nous essayons de le faire le plus équilibré possible et déjeunons tous ensemble. Si les filles sont réveillées avant nous (elles arrivent à dormir à poings fermés quelques soient les conditions …), elles attaquent en général le Cned toutes seules pour les matières qui ne demandent pas un soutient important. A 8h, heure locale, c’est le journal de 13h en France ! Quand nous captons les stations de radios de Métropole, il m’arrive de l’écouter pour me tenir informé de ce qui tourmente notre planète… Je dois avouer que mon moment préféré, c’est votre bulletin météo…
8h/8h30 : Vaisselle et toilette faite, c’est l’heure du Cned. Nous réservons les matinées à cela lorsque nous n’avons pas d’excursion à la journée. Lorsque nous avons une voiture de location, nous en profitons un maximum et raccourcissons les séances Cned. Marine est la prof en chef, j’interviens surtout pour l’anglais, la musique et les sciences… Si mes services ne sont pas nécessaires, je m’occupe des travaux courants: entretien du bateau (il y a toujours à faire et chaque navigation rallonge la liste), courses, recherche de prévisions météo…
Si aller chercher une baguette c’est simple à terre, c’est vite l’aventure au mouillage. Premièrement, il faut qu’il y ait du pain à terre, ça semble une évidence, mais ça n’en est pas une. Pour le mouillage de Grande Anse d’Arlet, pas de pain, il faut aller à pied à Petite Anse à une demi heure, après bien sûr avoir décroché la chaîne qui retient l’annexe au bateau, écopé un peu s’il a plu, navigué vers le ponton le plus proche, rattaché l’annexe, trouvé une poubelle à terre pour celles du bord… Bref, compter 2h pour la baguette… En espérant qu’il en reste à la boulangerie… Pour avoir la presse, même topo. En fait, le mieux, c’est de mouiller pas trop loin d’Anao à Sainte-Anne. Les garçons étant réveillés de très bonne heure, Eric va faire les courses avec eux et nous dépose le pain frais sur le pont : que demander de plus !
Pour les courses, c’est un peu plus compliqué, nous essayons de faire des gros avitaillements dès que nous sommes à proximité de grands hypermarchés. La palme d’Or de la facilité pour le plaisancier revient au Leader Price du Marin : on mouille à 100/200m du magasin et on y va directement en annexe, un ponton a été aménagé exprès à l’arrière du magasin, il suffit juste de vider le caddie dans l’annexe…. Pour la diversité des produits, il vaut mieux manger local, sinon, ça vous coûte très cher ! Pour la viande, pas grand chose dans les étalages hormis les groins, queues et pieds de cochon en seaux de 5L qui ne nous ont pas spécialement fait envie avec leur couleur rose bonbon… On n’a toujours pas compris où est passé le reste des cochons… Saucissons et fromages français hors de prix, par contre côté rhum, ça frise l’indécence, c’est presque moins cher que le vin et ils vendent le rhum en cubi de 10l… Beaucoup de produits congelés (plus faciles à conserver avec la chaleur ambiante pour les magasins), mais pas de congélateur sur Méléos…

Déjeuné vers 13h et reprise d’un peu de Cned jusqu’à 14h30, après, c’est sport ! Si nous sommes seuls (ça aura été rarement le cas en Martinique), nous nageons autour du bateau ou faisons du paddle. J’en profite pour déloger les algues vertes qui squattent notre ligne d’eau et plonge régulièrement frotter coque, quille et safran. Quelque recherche de coquillages (lambis, dollar spot…) en plongée, contrôle de la tenue de l’ancre en apnée (en plus du contrôle en arrivée dans un mouillage). S’il y a des bateaux-copains autour, les filles sont les premières à organiser l’après midi avec les copains, soit par VHF, soit en allant directement à la nage voir les bateaux copains…. Le paddle fait la joie des enfants dans l’eau et il n’est pas rare d’en voir 6 ou plus dessus !
18h/18h30, le soleil se couche, c’est l’heure de tout ranger et prendre sa douche. Lavage à l’eau de mer et rinçage à l’eau douce sur la jupe arrière. Marco, ça ne lui a pas vraiment plus le rinçage à l’eau froide… S’il n’y pas pas d’apéro-diner d’organisé avec les autres bateaux, nous dînons vers 19h/19h30 et les filles se couchent tôt. Si nous sommes plusieurs bateaux… Ça peut vite finir tard. Le principe est toujours le même, les adultes dans le cockpit et les enfants à l’intérieur, chaque bateau amené un truc à manger et on refait le monde. Si nous sommes trop nombreux, on fait un bateau adultes et un bateau enfants. Malgré les différences d’âge, ils arrivent à se gérer sans trop de conflits. Si nous sommes avec Mariposa et des enfants de l’âge des filles, ça frise l’indécence, ils sont d’une autonomie incroyable et nous surprennent en permanence et on se dit que bientôt, ils n’auront besoin de nous que pour l’argent…

 

Voilà une petite idée des moments inoubliables : Un goûter sur la plage de Sainte Anne à 23, c’est à dire 5 familles, les gâteaux au chocolat de Vava ont été très appréciés, un apéro sur Anao toujours avec les 5 même bateaux, une après midi crêpes avec Anao sur Méléos, l’arrivée des Daniels de la Transquadra, une partie de Molky sur la plage de Caritan avec Hobo, deux soirées avec Joëlle et Patrick de L’Oralix (des amis des parents de Marine), la rencontre de l’équipage belge de Pile Poil, la régate de Yoles devant le mouillage de Fort de France avec Adeline et Cédric, le carnaval avec Mariposa et les parents de Laurence, la rencontre avec Carine et Quentin sur Pti Ket et de Sandrine et Jean-Pierre, et de leurs 2 garçons Paul et Hugo sur Sev’on Seas… Et toujours : nager parmi les poissons multicolores, suivre les tortues en apnée, admirer les Paille en queue…

 

Nous avons profité du passage d’Adeline et Cédric pour louer une voiture et visiter l’intérieur de l’île. Nous avons donc découvert la côte au vent avec une belle balade à la Caravelle, visité un jardin botanique celui de Balata, visité l’Habitation Clément, découvert le nord en se baladant dans la forêt tropicale de l’anse Couleuvre et visité Fort de France. Nous avons même pu assister aux régates de Yoles (barques à voiles locales), spectacle garanti mais très impressionnant, car on a failli se faire rentrer dedans au mouillage par un des concurrents… oups…

 

Avec Florence et Marco, nous avons profité du carnaval de Fort de France et nous avons découvert Saint Pierre dans le nord. Très beau mouillage avant de partir pour la Dominique… Promis on vous raconte tout ça en images un peu plus rapidement que pour cet article…

 

Bises à tous!
Les Méléos

Commentaires (11)

  1. Adeline

    Coucou!
    Merci pour toutes ces photos, je vais pouvoir vous en piquer quelques unes pour faire le livre de nos vacances!
    Et merci encore pour nous avoir accueilli sur votre bateau pour partager un peu de votre aventure (et accessoirement se rendre compte qu’on aime quand même notre petit confort et qu’on a vraiment une grande maison!.
    Profitez au max de la suite! Moi je me serais bien mise dans les valises pour la Guadeloupe mais mon bidon ne passe plus 😉
    Gros bisous

  2. steph

    Coucou!
    L’avantage d’avoir une petite sœur qui me ressemble c’est que j’ai l’impression d’avoir voyagé!!! (si si, regardez bien, j’suis en photo avec Marine 😉 )
    En attendant, du fin fond de la Mayenne (sous les nuages comme d’habitude!), je vous envoie des gros bisous…

  3. michelle et jean claude

    bonjour le Méléos toujours d aussi belle photos nous avons l impression de voyager avec vous c est très sympa bisou a vous quatre.

  4. Frederic k

    Salut les meleos

    On vous envie sur presque tous les points hormis le fait de monter en haut du mat ( trop sportif pour moi ou pas assez d’abdo) et l’effet essuie glace.

    Profitez en bien en metropole c est un peu compliqué en ce moment

    Bises les kaps

  5. Laurent

    Elles sont vraiment belles les photos, et le skipper en pleine forme!
    Bonjour et bonne continuation aux Méléos!

  6. Owczarek Denis "Karm"

    Bonjour à la petite famille

    superbes photos, la végétation est magnifique, cela donne envie de partir. continuez de profiter
    de cette belle aventure. bises Annie et Denis

  7. Cath

    C’est vrai qu’il est beau le skipper, aminci, bronzé et musclé, un vrai jeune premier!!! C’est qu’il faut qu’il assure avec les superbes nanas du bord…

  8. Roger et claudine

    Nous sommes très heureux de vous lire à nouveau et de profiter de ces excellentes photos . Celles -ci nous rappellent de très beaux souvenirs . Nous vous souhaitons bonne continuation dans votre aventure et merci de nous faire voyager . Bravo les Meleos . Nous vous embrassons .

  9. Brigitte et Patrice

    Bonjour les navigateurs,le reportage photos est magnifique,celle des colibris exceptionnelles, c c ‘est une destination qui nous fait envie peut être un jour, pour l’instant nous profitons du votre..
    bon vent

  10. elie matis

    Je suis content d’avoir de vos nouvelles et nos mails se sont donc croisés de peu !!
    En effet, les images parlent pour elles, d’une vie différente entre vous et nous.
    Nous vous embrassons et pensons à vous mais ….ne vous moquez pas de notre météo !!
    emaf

    1. Voilier Méléos (Auteur de l'article)

      Bonjour Frédéric,
      Ok, ok, on arrête les commentaires sur la météo, cela dit, quand un coup de spleen arrive et que nos amis nous manquent, c’est un bon moyen pour relativiser !
      On vous embrasse.
      Les Méléos

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