Porto Santo

Après un petit somme rapide, nous voici opérationnels pour profiter de l’île de Porto Santo et de ses charmes. Première étape : faire les crêpes ! Pas le choix donc pour le repas du midi, je m’y colle donc avec plaisir, les dernières crêpes en mer dataient de juillet 2013 avec les Lehman, c’est dire… La chaleur dans Méléos devient sympathique, heureusement, les bières sont fraîches et le repas équilibré …
Le mouillage est idyllique mais lors de notre arrivée nous avons mouillé un peu près d’un autre voilier français. Avec l’évitement (i.e. le rayon du bateau lorsque l’on tourne autour de l’ancre), la promiscuité devient gênante pour tout le monde, nous décidons donc de nous décaler, la plage est assez grande pour tout le monde et il n’y a pas une ride sur l’eau. Petite séance CNED après le déjeuner et il est temps d’aller honorer nos obligations et aller se signaler aux douanes du port (obligation de Check-in et check-out). Nous gonflons donc l’annexe et découvrons que les lettres se sont décollées (on s’en doutait) et que le fond s’est également décollé de la planche arrière. C’est donc parti pour une séance collage et écriture. Eléa souhaite descendre à terre après toutes ces émotions et m’accompagne donc chez les douaniers. En arrivant au port en annexe, nous découvrons un bateau Rochelais croisé à Lexoes, Dominique est seul à bord de son Dufour 42 et file vers les Antilles également, nous l’invitons prendre l’apéro le soir à bord. Nous allons voir le bureau des douanes mais il est vide. Nous nous dirigeons donc vers le bar du port qui propose glaces et boissons fraîches en plus du wifi gratuit… et postons l’article sur la traversée en attendant d’y ajouter les photos. En repartant au zodiac, nous croisons la douane, demi-tour et retour au bureau. La présence d’Eléa, qui est très impressionnée par l’uniforme et trouve que le type doit mourir de chaud dans ses rangers, facilite les échanges et le douanier est très agréable et content que l’on se soit présenté spontanément (je pense qu’il doit battre le rappel régulièrement). Son bureau est sobre et la télé tourne avec un tournoi de foot en salle…
Retour sur Méléos et il est temps de penser à la baignade. Nous n’avons pas la présence d’esprit de brancher la caméra étanche, mais l’eau est tellement belle que nous voyons des petites plies tourner autour de l’ancre par 8m de fond. Les filles ont gonflé le Paddle pendant notre escapade et tout est fin prêt pour un bon bain. Nous inspectons mouillage et coque en apnée. A l’aide d’une ventouse, je vérifie le safran et découvre la partie raguée par le filet de pécheur en arrivant sur Porto. L’antifouling a sauté sur 10 cm. A surveiller mais rien de bien grave à priori. Quel bonheur mes amis, depuis la Turquie, nous n’avions pas pris de bain aussi bon ! Le paddle est squatté par les filles mais j’arrive à le prendre un peu en fin de séance, la technique n’est pas encore au point ! Marine a l’amabilité de ne pas me prendre en photo … Il est temps de rentrer tout le monde, de se rincer à l’eau douce avec la douche solaire et de préparer le repas du soir et l’arrivée de Dominique. Super soirée, Dominique a apporté des crêpes pour le dessert … Les filles sont bien contentes, celles de midi avaient un goût de trop peu !

Le mouillage a été un légèrement rouleur en seconde partie de nuit, la faute à la houle (toujours pas cool) qui nous prend en travers par rapport au vent. Nous décidons d’aller faire un tour en ville en prenant l’annexe et en débarquant sur la plage. Les quelques vagues à l’arrivée sur la plage rendent l’opération … humide mais nous parvenons à hisser l’annexe en haut de plage, nous cadenassons tout (au cas où bien que l’île soit désertée par les touristes) et partons en reconnaissance dans Vila Baleira. Première pause dans une boulangerie ou nous achetons un Bolo de caco, pain plat local à la patate douce, recommandé par Carlota à Porto, nous achetons également une sorte de quatre-quart à l’orange pour le petite déjeuner. Nous déambulons alors de rues en rues (nous adorons nous perdre dans le villes pour les découvrir) et arrivons à la maison de Christophe Colomb, transformée en petit musée que nous décidons de visiter. Christophe Colomb a eu la bonne idée d’épouser la fille du gouverneur de Porto Santo et a donc séjourné longtemps sur l’île. Le musée est un peu compliqué car n’est qu’en portugais et un tout petit peu en anglais. La maison elle-même n’est pas immense mais située juste derrière l’église du village. La scénographie n’est pas fantastique (ils auraient du appeler Studio K…) mais l’endroit est charmant et très bien aménagé. Pas d’idée précise de la vie l’époque ni de la vie à bord des caravelles, nous sommes un peu sur notre fin. Les jardins sont par contre très beaux, les portugais ayant une vrai science du pavage et des mosaïques. Les dragonniers (Dracaena Draco) et les bougainvillées sont magnifiques !

Nous prolongeons la visite et trouvons un spot de wifi sur la place de l’égilse. Nous en profitons pour répondre aux nombreux mails reçus et à la classe de La Meignanne qui a envoyé un mail aux filles.

Nous finissons notre visite par l’ancienne digue qui servait de débarcadère à la vedette venant de Madère avant la création du port. Il n’y a pas de plage naturelle de sable à Madère, Porto Santo sert donc de résidence secondaire aux habitants aisés de Madère. Nous voyons Méléos au loin au mouillage, il nous faut penser à rentrer, mais une terrible envie de viande se déclare ! Nous ne souhaitons pas repartir de nuit pour le moment avec le zodiac, donc nous filons à la superette locale où nous achetons deux belles pièces de boeuf ! Il faudra d’ailleurs m’expliquer pourquoi nous payons le boeuf si cher en France, ici nous avons payé 4 € le kilo… et toutes les morceaux sont au même prix, quand au porc … 2,8 € le kilo. Retour donc sur Méléos, les vagues sont légèrement plus grosses et Cléo tombe à l’eau en poussant le zodiac. La pastille de sel du gilet automatique fond, la cartouche percute et nous voilà sur la plage avec une Cléo toute gonflée. Nous avions un doute sur l’efficacité de la pastille de sel, le doute est effacé, elle a juste eu le temps de tomber sur le côté dans 50 cm d’eau et de se relever. De retour à bord, branle-bas de combat pour sortir le barbecue et les accessoires. Nous n’avions pas mangé de viande fraîche depuis la Rochelle, un délice !!!!

Le lendemain matin, nous roulons franchement et observons les mouvements des autres bateaux pour savoir qui dégainera le premier (ou plus pacifiquement, qui décidera de se mettre au port en premier). Les places à quai au port étant limitées, nous décidons de lever l’ancre après le premier départ de voilier et accostons donc à l’intérieur du port en fin de matinée. Nous déjeunons et allons faire notre enregistrement à la marina ensuite. le wifi est également disponible au bureau, et nous allons pouvoir prendre un vrai douche chaude ce soir.

Petite aparté sur la qualité de l’eau. Nous sommes partis avec de l’eau en bouteille pour la boisson (en plus du reste…), il nous en reste encore un peu car nous avons rempli les bouteilles dans chaque port, non pas que le budget eau soit très important, mais il faut porter les bouteilles au bateau depuis le supermarché et ça n’est pas de tout repos. L’eau de Lexoes était très bonne et n’avait pas de goût, nous aurions du en remplir toutes nos bouteilles car celle de la Marina Douro n’était pas bonne du tout. Sur Porto Santo, pas de source, toute l’eau provient de l’usine de désalinisation située dans l’enceinte du port. Cette eau est excellente et n’a aucun goût. La douche du soir est la première à être chaude à souhait, l’eau étant très douce, le shampoing mousse à fond !

Le wifi de la capitainerie n’est pas une rolls, mais au moins nous n’avons pas de coupure intempestive. Il me faudra tout de même plus de 2 heures pour ajouter les photos à l’article « La houle, c’est pas cool ». Si vous vous demandiez à quoi nous occupons nos journées… Après le CNED, nous allons nous poser sur la plage près du port, un vrai régal !

 

Nous avions quitté la plage pour dormir plus facilement, raté ! vers 5 heures du matin, un Dufour 45 arrive de Lanzarote et se cale à côté de nous. Enfin caler, c’est façon de dire car l’équipage Allemand de ce voilier de location semble avoir du mal à s’amarrer de nuit. je vous passe donc tous les scheisse et compagnie. Nous sortons donc toutes frontales dehors pour éviter qu’ils ne nous rentrent dedans. Nous découvrons un papy à l’arrière en train de pêcher avec sa gaffe la défense tombée à l’eau, le pauvre à du mal et il ne comprend pas trop l’anglais, plus il tape avec sa gaffe, plus la défense s’éloigne de moi. Heureusement, il fait également tomber sa gaffe à l’eau et j’arrive alors à me saisir de la défense et à lui rendre. Il est heureux d’avoir récupéré celle-ci mais peste encore après sa gaffe qui se promène dans le port. Une bonne demi heure après leur arrivée, les voici à présent entrain de refaire le monde dans leur cockpit une bière à la main…Je vais alors soulager un besoin naturel au bout de la panne quand admirant mon oeuvre, je découvre à proximité la gaffe qui s’était fait la malle. c’est avec un grand merci qu’ils récupèrent le trophée que je leur tends ! Retour case dodo, mais notre éolienne se met en route une demi-heure plus tard… et c’est reparti pour un tour en caleçon pour freiner l’éolienne. Bref une bonne nuit !

En ce jour de Mercredi 1er Octobre, nous décidons de retourner en ville et de prendre le bus qui fait un tour de l’île. Un autre voisin est arrivé en début de matinée, il s’agit cette fois d’un voilier Polonais, magnifique sloop de 50 pieds quasiment neuf. Le propriétaire tente de discuter en anglais avec Cléo, mais Marine vient vite à la rescousse. Nous filons alors en ville malheureusement après un départ du bus et il nous faudra attendre 15h pour le suivant. Nous prenons donc le temps de refaire quelques courses, de pique-niquer sur la plage et de manger une petite glace en profitant d’un autre spot wifi.

 

Il y a assez de touristes dans notre genre pour que la compagnie aille chercher le bus à impériale (ou bus découpé sans cabine sur l’arrière). Nous voici donc partis à l’assaut de l’île cheveux au vent, au fond du bus, yeah !!! Et ça décoiffe ! Le paysage est très aride et les formations géologiques rencontrées très volcaniques. Nous mettons quelques photos qui se passent de plus de discours.

Après ce petit tour de deux heures, il nous faut rentrer en faisant un autre stop au supermarché, ce soir, les Moussepic viennent diner à bord. L’équipage est composé de Maxime, Manu, Camille, Simon et Marin. Trois petites têtes blondes adorables que les filles s’empressent d’emmener jouer aux Légo. Encore une belle soirée ! Nous aurons surement l’occasion de nous recroiser, nous allons tous au même endroit, mais ils souhaitent passer par le Sénégal, ce qui pose un problème avec l’épidémie d’Ebola, le Cap-vert n’accueillant plus les bateau provenant du Sénégal (même si le Sénégal n’est vraiment touché pour le moment). A suivre… Sur leurs conseils, nous décidons le jeudi de faire une randonnées vers la pointe de l’île située près du port. Nous débarquons donc dans une autre planète où tous les géologues prendraient leur pied à ne pas en douter… Il s’agit donc d’une séquence frisson, aventure et travaux pratiques de géologie pour les filles (j’aurais eu bien besoin de mes cours de prépa ou de l’aide d’Erwann, l’expert de Géol Nancy). Très belle promenade de quelques heures récompensée par un petit verre dans un bistrot du bout du monde genre Bagdad café, il ne manquait plus que la musique… Le pépé local se propose de nous ramener au port à la place du taxi que nous avions demandé, on avait cru que c’était gratuit, mais lui n’avait pas perdu le nord !!!

Nous décidons de partir le lendemain vendredi 3 Octobre vers Madère et le port de Quinta do Lorde ou Mariposa, un autre bateau copain nous attends avant de filer. Des allemands viennent d’arriver avec des enfants du même âge que les filles et sont déçus de savoir que nous partons. Nous quittons donc le port à 10h45 pour une traversée de 30 M soit 6 heures de voile.

 

Commentaires (10)

  1. Adeline

    En lisant cet article, je me suis dit qu’il faudrait moi aussi que je ressorte mes cours de géologie parce que mine de rien c’est loin tout ça maintenant!
    Que de belle photos en tout cas! Et vu le temps qu’on a ici ça fait du bien au moral de se dire que quelque part dans l’océan atlantique vous profitez du beau temps et de l’eau chaude! (Nous c’est plutôt botte et parapluie et une bonne flambée dans la cheminée le soir!)
    Les filles sont très studieuses dis donc! Et marine est radieuse , ça fait plaisir à voir!
    J’espère que vous apprécierez votre escale à Madère et que vos nuits seront moins agitées qu’à Porto Santo.
    Gros bisous!
    Ps: merci pour la carte, Maeryl était très fière de pouvoir la montrer à sa maîtresse

  2. Patxi

    Encore merci de nous faire voyager avec vous !!!

    Au plaisir de vous lire

    A bientôt

  3. aurel et Antoine

    Hello,
    ça donne envie toutes ces photos parce que pour nous l’automne vient de faire son apparition pour de bon !!
    Profitez bien et continuez à nous faire rêver ! Nous pensons fort a vous.
    Ps: ils sont partout ces oleronnais c’est comme les bretons !!;-)

    Bisous à tous les 4

  4. Sophie et Emmanuel

    Bonjour le Meleos,
    C’est à chaque fois un plaisir d’ouvrir le matin notre PC et avoir une page de lecture et d’images de votre part. Emmanuel et Moi-même commençons systématiquement notre journée de travail pour vous lire. Cela nous donne notre temps d’évasion pour affronter notre quotidien, qui est finalement, comme la mer, avec de la houle.
    Chaque jour est pour vous une découverte de nouveaux paysages, une mer différente, des nouvelles têtes de pays différents : quelle richesse, loin du traintrain avec les mêmes ennuis, les mêmes têtes de …..
    Profitez sans modération.

  5. FREDERIC KAPTUR

    Salut les navigateurs et maintenant Tracker

    Merci pour la jolie balade et bon courage pour les coups de vent et la houle formée et courte ( que j aime pas ça non plus )

    A bientot

    Fred k

  6. Jacques

    Bonjour,
    C’est chouette de vous lire!!!
    Merci, merci beaucoup de nous consacrer tout ce temps d’écriture et de montage photo, pour nous faire partager votre bonne humeur, vos visages souriants et heureux, ces beaux paysages que l’on découvre, en explorateurs de l’inconnu avec vous. Merci pour vos longs récits pleins de détail, merci de partager tout celà avec nous, Qu’éole et neptune vous gardent en sympatie, et que vos ames d’enfants s’émerveillent encore et encore de ce que vos choix (bons) vous apportent et vous récompensent. Vos filles vous remercierons toute leur vie de ce choix et qui sait voudrons peut être à leur tour en faire profiter leurs enfants.
    Jacques

  7. Maelys Lebeau =)

    Waouh !!! Qu’est-ce que ca doit être bien de se baigner dans de l’eau transparente…!!!Ça fait rêver !Nous on profite aussi de la mer (en surfant) mais elle n’est pas aussi jolie…=C
    En plus vous avez le droit a des coucher de soleil…! Je suppose que l’eau doit être chaude ?!
    En tout cas amusez-vous bien !
    Bisous <3
    Maëlys

    ps:Cléo, j'ai perdu ton petit papier avec tes coordonnées…Du coup je n'ai plus ton adresse mail…Pourrais-tu me la redonner ? Merci d'avance =)

  8. Laurence Kimmel

    J’ai tout lu en direct à voix haute à Michel qui cuisinait… On a donc pris l’apéro en votre compagnie ! Formidable !

    Merci pour la balade… Bises

    L

  9. elie matis

    quelle chance de voyager.Est-ce possible d envoyer des crêpes par la mer? si non bah … on va pleurer.au fait, l eau est-elle plus chaude ou plus froide là bas.Avez vous croisé des requins?
    va t on plus vite en bateau ou en surf? on vous embrasse Matis l intello et Elie

    1. Voilier Méléos (Auteur de l'article)

      Bonjour les copains,

      voici les réponses à vos questions :
      Pour envoyer des crêpes, nous avons essayé le goéland voyageur, mais ils mangent les crêpes pendant le trajet. On va essayer dans une bouteille jetée à la mer, mais ça risque d’être très long…
      L’eau de la mer est plus chaude qu’en France, mais souvent, l’eau de la douche est plus froide.
      Les requins nous ont peut-être vus mais nous ne les avons pas vus.
      Quand on descend des vagues, des fois on surfe avec le bateau mais nous ne savons pas si on va plus vite avec une planche de surf. Par contre, on ne peut pas dormir dans une planche de surf.
      Faites un coucou de notre part à Yaëlle, Hortense et Capucine.
      Bisous.
      Cléo et Eléa.

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